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thought crumbs on lebanese and middle eastern politics

A qui confier la direction générale de la Sûreté générale?

Posted by worriedlebanese on 14/07/2011

Suite au décès de Wafic Jezzini, le poste de Directeur de la Sûreté Générale est vacant. En cela il n’a rien d’extraordinaire. Il ne fait que rejoindre la centaine de postes vacants qui attendent que le Conseil des ministres procède aux nominations nécessaires pour les remplir… Et cela fait de nombreuses années que le Conseil des Ministres remet cette question en raison de la complexité des négociations qui entourent cette question. En effet, non seulement il faut respecter les quotas confessionnels (ce qui en fait devrait faciliter les nominations), mais il faut prendre en compte les allocations de parts entre les réseaux clientélistes et les forces politiques.

La particularité de la vacance du poste de Directeur de la Sûreté Générale tient au fait que les politiciens se disputent aujourd’hui son attribution confessionnelle. Jusqu’en 1998, cette fonction revenait à un maronite qui était généralement nommé par le Président de la République. En 1998, Emile Lahoud a soutenu la candidature de Jamil Sayed à ce poste, alors même qu’il était chiite.

Notons que l’accord de Taef a aboli les quotas confessionnels à l’intérieur de l’ensemble de l’administration publique excepté les fonctions de première catégorie. Toutefois, les règles en cette matière ne sont pas claires. Faut-il suivre le système du partage proportionnel ou celui de la parité? Par ailleurs, aucune disposition ne prévoit des sièges réservés. Et il a même été question de procéder à un système de rotation confessionnelle des sièges. Toutefois, ceci complique les négociations et peut perturber l’action des réseaux clientélistes. D’ailleurs, à ma connaissance, le principe de la rotation n’a été appliqué qu’une seule fois : au début des années 1990 un recteur chiite pour l’Université Libanaise, après une série de recteurs maronites (et un recteur Grec Catholique). Mais la rotation s’est arrêtée-là, et ce poste revient désormais à un Chiite proche de la mouvance Amal. Cela dit, ce qui est intéressant dans le cas de Jamil Sayed est qu’il n’était appuyé par aucun patron libanais, d’ailleurs il entretenait de mauvais rapports avec Rafik Hariri et Nabih Berry, et mêmes ses relations avec Emile Lahoud n’étaient pas toujours au beau fixe en raison de son autonomie et de son pouvoir.

Dans le cas qui nous intéresse, les rumeurs veulent que le Président de la République et le Patriarche Maronite réclament aujourd’hui le retour de ce poste aux “maronites”. Michel Aoun a quant-à-lui déclaré mardi qu’on lui “réclame de récupérer le poste” mais que cela devait être débattu avec “ses” amis, c’est-à-dire ses alliés Chiites, et plus spécialement Nabih Berry qu’il a d’ailleurs nommé. Par ailleurs, le Vice-Président de la Chambre, Farid Makari, et le Vice-Président du Conseil des ministres, Samir Moqbel, semblent tous les deux appuyer l’attribution de ce poste à un Orthodoxe. Alors que d’après le quotidien Al-Liwa’, le Hezbollah proposent à ce poste le Brigadier Général Abbas Ibrahim (numéro 2 du deuxième bureau), proposition que rejette Nabih Berry. Pour compliquer encore plus les choses, le quotidien Daily Star rapporte que Nabih Berryaccepte d’attribuer ce poste à un maronite, à condition que le chef de l’armée soit attribué à un Chiite. Al-Liwa’ nous dit que le raisonnement de Nabih Berry était qu’il existe trois positions sécuritaires importante au Liban: celle de chef de l’armée, de directeur des Forces de Sécurité Intérieur (FSI) et de directeur de la Sûreté Générale. Et qu’il était donc normal que la distribution se fasse entre les trois premières communautés. L’approche “sectorielle” de la répartition communautaire est intéressante. Elle ressemble à celle qui a lieu à l’intérieur de l’Université Libanaise et à l’intérieur du corps diplomatique. A la seule différence que dans ces derniers cas, on est en présence d’un même “corps”, alors que les services de sécurité libanais sont complètement éclatés et sont soumis à des hiérarchies distinctes. Par ailleurs, le raisonnement du Président de la Chambre ne tient pas compte de trois autres postes sécuritaires: chef du deuxième bureau, directeur du service de renseignement des des FSI et le Directeur des Forces de Sécurité de l’Etat. Ceci ramène les postes sécuritaires sensibles à 6…

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