Worried Lebanese

thought crumbs on lebanese and middle eastern politics

Any limits to “advocacy” journalism (journalisme engagé)

Posted by worriedlebanese on 18/11/2006

orientlejour.gifI kind of blew a fuse today and sent an article to the editor of the lebanese francophone daily, L’Orient-Le jour titled “des limites au journalisme militant”
Here it is:
Cela fait plus d’un an que votre journal et ses nombreux éditorialistes font campagne, s’inscrivent dans le combat politique de certains politiciens, usent d’un ton partisan et moralisateur. Au départ, cela pouvait être justifié par la théorie des circonstances exceptionnelles. Le Liban vivait un moment important de son histoire, celui de sa libération du joug syrien. Il est possible de comprendre que les journalistes veuillent participer à cet effort, y contribuer avec les moyens à leur disposition. Mais pendant combien de temps peut-on justifier de l’abandon des règles élémentaires du journalisme au nom des circonstances exceptionnelles? A quel moment doit-on prendre conscience que ces pratiques qui perdurent se transforment en mauvais pli, et que la presse libanaise y perd son caractère justement exceptionnel dans l’espace arabophone.
Avez-vous compté dernièrement le nombre d’éditorialistes parmi vos journalistes politiques ? Est-ce que cela ne vous ennuie pas que leurs informations proviennent quasi-exclusivement d’un échange téléphonique, d’un déjeuner ou d’un dîner avec un politicien ou un ambassadeur ? N’avez-vous pas senti une certaine convergence gênante entre eux et leurs sources ? Comment le justifiez-vous ?
On pourrait penser que c’est une sorte de retour du refoulé ; une réaction du journalisme libanais longtemps soumis à un système de censure puis d’autocensure qu’il avait pleinement intégré. N’utilisait-il pas les règles journalistiques comme paravent à cette autocensure durant ces longues années d’influence syrienne, d’abord diffuse au sein de la classe politique puis (malencontreusement pour ses bénéficiaires) centralisée sous les auspices d’une seule autorité ?
Personnellement, je n’arrive pas à comprendre ce mauvais pli et encore moins à l’accepter. Et je remarque une nouvelle tendance qui m’inquiète, un recours progressif dans le discours politique et journalistique à un discours et à des référents religieux. J’en ai noté au moins six dans votre dernier éditorial qui trait d’un ancien chef de milice : Martyrs, lavé du crime, ‘forces du mal’, ‘comme transfiguré’ ‘épris de paix et de sagesse’, enfer.
Comme quoi, en dépit des conflits politiques et des prises de positions divergentes, les politiciens, hommes de religion et journalistes libanais se retrouvent au moins au niveau du vocabulaire.

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