Worried Lebanese

thought crumbs on lebanese and middle eastern politics

InsepArab: Hélène Cixous’ take on Jewish & Arab identities

Posted by worriedlebanese on 20/03/2010

Odd word, isn’t it? “InsepArab“. Hélène Cixous is actually quite fond of such neologisms. Most of the words she coins have a very literary quality to them (I quite like another one she had coined earlier in her career: “Oublire” which borrows from “Oublier”, to forget, and “lire”, to read, and has a proactive quality to it). With “insepArab” she brings out from the adjective “inseparable”, the noun “Arab”, and then removes the last two letters hinting at the complexity of her relation to Arab(s)/Arabic, but not “Arabness” or “arabité”, that is specifically left out of the picture.

Arab and Jewish identities as mutually exclusive

Hélène Cixous has spoken on more occasions than one about her identity, and most notably in her autobiographical essay/novel “Reveries of the wild woman”. But I will stick here to an interview that she made on the BBC two weeks ago (and that is available on an “Arts & Ideas” podcast), insofar as it doesn’t contradict her earlier stands.

“I didn’t want to be an Arab, I knew I was Jewish” and she explains that the “history of Jews was heavy enough” and that she didn’t want to escape its burden and responsibility”. This is probably the strangest argument in the interview. Hélène Cixous claims that becoming Arab or identifying as an Arab would prevent her from carrying on the burden and the responsibility of her jewish identity. The notion of “burden” and “responsibility” of an identity is already quite difficult to fathom, but the supposed effects of an Arab identification by a Jew are indecipherable.

And then Cixous procedes with the type of argument that give culturalism a bad name. She speaks of the pragmatism that she got from her German mother and talks about the “culture gap” between her Arab classmates and the others (including herself) and illustrates it by saying that “they had never slept in beds”. She also speaks of their “family culture that was so far from modern culture”. Her argument would have been completely different had she spoken of western culture, but instead of space, she prefers time, presenting Algerian Arab culture as archaic, a sentiment that is reinforced when she speaks of the “prominent positions within arabic tribes” of her Arab classmates’ fathers.

Westernisation would have been a much suited and  fruitful approach because one could see its effects on Algeria’s native population: some sectors of the Muslim population that voluntarily integrated into Algerian-French society, and the Jewish population that was quite vigourously westernised since the 1870s (through the systematic transformation and replacement of their native institutions by Jewish institutions coming from France).

What is also quite strange is that Hélène Cixous has no problem identifying her mother as German (and giving her supposedly “germanic traits”), while she refuses to do the same thing with her father  who is denied both Arabic and French identities). When she speaks of him choosing her two language instructors, one for Arabic and one for Hebrew, she attributes this to his socialist leaning, and not to the fact that Arabic was the language of his ancestors for centuries (and the most important cultural language of Sephardic and Mizrahi Jews) and that of the vast majority of the population in Algeria. So while Jewish and Arab identities are mutually exclusive, Jewish and German identities are not.

Weighing oppressions and odd equations

“I wanted that the Jews and the Arabs who were equally oppressed to join”, Cixous says. When asked if it was true that at that time (after 1945) and at that place (Algeria) “Jews and Arabs were equally oppressed” she answered that “it was true” because “there was a double racism, one against the Arabs and one against the Jews” and then spoke about the differences between Arab and Jews under Vichy and Nazism. She concluded this argument by saying that she “knew about history”, about “the conditions of the different oppressions” and “thought that the oppressed should become allies”. It is quite obvious that she is struggling with her argument, she starts by equating “oppression” and “racism”, then shifts in time to a specific period (which was off topic) to shift the balance between the two oppressions, and after that historical argument slips back to an ahistorical approach (devoid of any contextual element).

6 Responses to “InsepArab: Hélène Cixous’ take on Jewish & Arab identities”

  1. lirun said

    why is she important to you

  2. princesse de clèves, islamogauchiste said

    “Jews and Arabs were equally oppressed”

    Hélène Cixous a complètement éludé l’existence du décret Crémieux – octobre 1870 – qui a accordé d’office la citoyenneté française à 35 000 “israélites indigènes d’Algérie”, pour employer la terminologie coloniale en vigueur à cette époque.
    Ils sont alors devenus Français (càd : des êtres humains à part entière). Dans le même mouvement, les colons originaires d’Europe (Espagne, Italie, Malte, etc.) ont été francisés.
    Les autres – dits “indigènes musulmans” – ne sortent pas de l’indigénat. Ils ne seront d’ailleurs jamais “blanchis”.

    Parler d’une “oppression égale des Juifs et des Arabes” dans le contexte de l’occupation française en Algérie, c’est faire preuve d’une bonne dose de malhonnêteté intellectuelle.

    Ce même décret Crémieux sera abrogé 70 ans plus tard par le régime collaborationniste et raciste de Vichy, mais c’est une autre histoire – et elle ne concerne pas les Arabes même si l’idéologie sioniste exigera (et continue d’exiger) d’eux qu’ils en paient le prix.

    • Salut l’islamogauchiste,
      Tu as raison, le Décret Crémieux est un moment charnière de l’histoire Algérienne. Il sépare définitivement le destin des Juifs et des Musulmans d’Algérie. J’y ai fait allusion sans le développer parce qu’à mon avis, il introduit une dynamique extrêmement complexe. Il renverse les rapports symboliques entre Juifs et Musulmans en Algérie. Il sort les Juifs de leur condition de Dhimmis et de leur infériorité symbolique (sur le plan communautaire, et pas nécessairement sociale) et les intègre au groupe dominant investi d’une nouvelle supériorité symbolique.
      D’un autre côté, les Juifs d’Algérie devenu Français se retrouvent dans une situation d’infériorité sociale et de fragilité culturelle. Ils doivent s’acculturer rapidement pour ne pas être stigmatisés (Derrida rappelle dans un texte que chez lui la “bar mitzva” s’appelait “communion” et la circoncision “baptême”), ils découvrent l’anti-judaïsme occidental, et subissent le pouvoir religieux tout à fait colonial du Consistoire Israélite (dirigé par ce même Crémieux) qui leur ferme leurs écoles religieuses, modifie les lois religieuses (mise en conformité avec les lois et coutumes des Juifs de France), contraint leurs élites religieuses à s’instruire en France…

      Cela dit, les Musulmans d’Algérie pouvaient devenir pleinement Français et s’affranchir de leur statut de populations indigène d’un territoire français, mais à titre individuel et en renonçant à leur statut personnel. Certains l’ont d’ailleurs fait. Mais il faut imaginer la difficulté de ce passage et de la violence à l’encontre de sa propre identité qu’il exigeait de ces “renonçants”.

      Tous ces éléments ne sont pas pris en considération par Cixous… mais peut-on vraiment lui en vouloir de ne pas aborder de manière aussi complexe une réalité aussi complexe juchée à l’intersection de plusieurs tabous identitaires (Algérien, Français, Juif…)

  3. princesse de clèves, islamogauchiste said

    Salut à toi, et merci d’avoir complété ce post intéressant. Deux remarques néanmoins :

    1- L’allusion à la dhimma sans la moindre précision contextuelle prête ici à confusion, étant donné l’instrumentalisation idéologique détestable de ce terme. L’application du régime juridique de la dhimma a toujours varié en fonction des lieux et des périodes.
    Il faut donc rappeler qu’une forte proportion de Juifs est arrivée au Maghreb, notamment à Tlemcen et Alger depuis la péninsule ibérique, après la victoire des Rois catholiques – victoire qui s’est traduite pour la communauté juive en pogroms et expulsions de 1366 à 1492 – avec le pic d’horreur de 1391 où les prêches de l’archidiacre de Séville, incitant la population au massacre des Juifs, ne proposaient alors d’autre alternative au baptême que la mort. Une fois rappelé ce contexte de la présence juive en Algérie, le lien contractuel de la dhimma défini par le droit musulman prend une autre dimension et peut difficilement être perçu comme dégradant.

    2- Je crois que l’on peut légitimement en vouloir à Hélène Cixous de ne pas aborder cette “réalité complexe juchée à l’intersection de plusieurs tabous identitaires”. D’abord, parce qu’elle la mémoire historique qui flanche, ce qui n’est pas un crime en soi – sauf qu’elle ne nous explique pas pourquoi elle zappe Crémieux. De plus, penser les complexités de ce monde, c’est quand même le travail des penseurs! Alors qu’ils peinent à le transformer, passe encore, mais s’ils ne parviennent même plus à l’interpréter….

    Derrida a développé la réflexion d’une façon qui me semble plus honnête, par le biais de la langue – ou plutôt des langues – dans un texte assez court et autobiographique intitulé Le Monolinguisme de l’autre (Galilée, 1996).
    disponible ici : http://www.jacquesderrida.com.ar/frances/monolinguisme.pdf

    • Merci beaucoup pour ton commentaire Islamo-Gauchiste.
      Et le document de Derrida que tu partages avec nous est justement celui sur lequel je me suis appuyé en parlant dans mon commentaire précédent de la fragilité culturelle juive après le Décret Crémieux.

      Tu as raison d’insister sur la contextualisation du terme Dhimma et de dénoncer son instrumentalisation. Mais il faut de la même manière contextualiser la condition juive dans le “monde chrétien” et non pas se limiter à une date et une politique (qui d’ailleurs a ses équivalents dans le monde musulman… faut-il rappeler le sort des Juifs de Yathrib/Médine ou les persécutions sous les Almohades qui a précédé celle des Rois catholiques… et qui poussera Maïmonide, l’arabophone à louer les Rois chrétiens et à préférer leur traitement des juifs à celui des musulmans, même s’il terminera sa vie dans un autre territoire musulman).

      En ce qui concerne les limites de la pensée de Cixous sur les relations judéo-arabes, je suis totalement d’accord avec toi.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

 
Follow

Get every new post delivered to your Inbox.

%d bloggers like this: