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Un deuxième ministre “positiv’image” sort ses griffes

Posted by worriedlebanese on 26/11/2009

Il y a du changement dans l’air. A quelques heures d’intervalles, deux ministres du gouvernement émettent des signaux forts qu’ils entendent prendre en main le ministère auquel ils ont été reconduit. D’abord Ziyad Baroud avec son coup de colère, puis Ibrahim Najjar avec la condamnation d’un magistrat pour corruption.

Deux ministres “positiv’image” ou RP externe
Ces deux Ministres ont un grand nombre de points communs. Ils sont tous les deux juristes, francophones, issus de l’Université Saint Joseph, Chrétiens. Les deux ont été reconduits à leur poste, à un ministère de “souveraineté”. Les deux avaient étaient choisis il y a un an pour leur image. Cette motivation n’est pas particulièrement rare pour le choix d’un ministre chrétien. Après tout, la moitié des sièges gouvernementaux leur était réservée alors que la part des réseaux clientélistes chrétiens était assez réduite. Les patrons des réseaux clientélistes pouvaient donc sans risques, à faible coût et à grand rendement choisir une personnalité chrétienne extérieure au petit monde politique (et à leur réseau clientéliste) pour l’image qu’elle représente. C’est essentiellement pour ces raisons que Ghassan Salamé, George Corm, Tarek Mitri (avant qu’il ne prouve sa fidélité sans faille), et plus récemment Ziyad Baroud et Ibrahim Najjar on été choisis dans une opération de relation publique externe.
La particularité d’Ibrahim Najjar est qu’il a été nommé au gouvernement en tant que représentant des Forces Libanaises. Or, il n’est pas particulièrement proche de cette formation. Sans doute, Samir Geagea l’a choisi pour modifier l’image des Forces Libanaises, et convaincre les élites chrétiennes de la “respectabilité” de sa formation.

Deux ministères de souveraineté court-circuités par les réseaux clientélistes
Il y a trois jours, nous avons vu les problèmes sur lesquels Ziyad Baroud buttait au Ministère de l’Intérieur. La même chose peut-être dite de Ibrahim Najjar et de son Ministère de la Justice. Au lieu de s’étendre sur la manière dont la classe politique s’est appliquée à envahir, noyauter et manipuler la justice, nous attaquerons directement l’affaire du juge Tanios Ghantous. En quelques mots: Le Ministre de la Justice a annoncé que le Conseil Supérieur de la Discipline a démis un juge de ses fonction pour des raisons disciplinaires (corruption). Dix-huit autres dossiers seraient sous étude. Ibrahim Najjar a présenté cette condamnation comme le début d’un vaste chantier de réforme de la justice.

Réforme du système judiciaire ou extension du système clientéliste?
Ce n’est pas anodin que le juge en question, Tanios Ghantous, soit chrétien. Du fait que les réseaux clientélistes établis durant la première moitié du mandat syrien soient essentiellement confessionnels, l’appartenance confessionnelle de ce magistrat a comme conséquence de le laisser quasiment sans protection (avec l’affaiblissement de Michel el Murr et Suleiman Frangieh). Cette opération est donc politiquement très peu coûteuse pour Najjar; il ne risque de se mettre aucun patron de réseau clientéliste à dos. En fait, elle est tout à fait profitable puisqu’elle donne au ministre une certaine crédibilité dans sa promesse de réforme et d’assainissement de la justice au Liban.
Sur sur le plan pratique, l’opération “main propre” du Ministre de la Justice a deux conséquences:

  • Si l’opération est sérieuse, elle met les réseaux clientélistes à la défensive. Il faudra qu’il arrive à convaincre Hariri, Jumblatt et Berri de ne plus couvrir, soutenir et encourager les juges verreux ou “influençables”. Najjar a obtenu le soutient du Président de la République, mais cela n’est pas suffisamment.
  • Son effet pervers est d’encourager les juges verreux à se mettre sous la protection d’un za’im communautaire (parce qu’il y a des verreux freelance), et surtout encourager les chrétiens d’entre eux de se trouver un protecteur… Ils auront le choix entre Michel Aoun et Samir Geagea. Les deux pourront se révéler très efficaces dans leur protection s’ils sont disposés à le faire (le sont-ils? là est la question). En d’autre mots, cette opération est tout à fait délicate. Si elle n’est pas suivie rapidement par d’autres actions, si elle ne devient pas systématique et institutionnalisée, elle risque de renforcer le système de corruption au lieu de le combattre.
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